"La démocratie a toujours progressé en cherchant à maîtriser les évolutions au service de l’homme. Cet enjeu concerne l’Europe entière. Faisons en sorte qu’en Corse, il soit le préalable à la confiance". AG |
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Réponse à la question orale posée par Mme Joselyne Mattei-Fazi Présidente de la Commission du Développement EconomiqueSAISONNALITE DE L’EMPLOI DANS LE SECTEUR TOURISTIQUE
Madame la Conseillère,
L’activité touristique qui a atteint en 2008 30 millions de nuitées ce qui correspond, lissé sur l’année un équivalent de 30% en sus de la population résidente (et donc autant de consommateurs en plus) est bien entendu déterminante pour la croissance économique et sociale de notre île. Cette activité, vous le soulignez, s’est considérablement désaisonnalisée en quelques années sous l’effet conjugué des politiques touristiques et des efforts des acteurs, et aujourd’hui plus de la moitié des séjours se déroulent hors juillet-août. Pour autant, elle reste encore déséquilibrée avec une activité réduite de novembre à mars pour des raisons essentiellement structurelles de notre offre dont il m’appartient de rappeler les principaux aspects visés dans tous les documents d’orientation et dans les politiques publiques: - une quasi absence de marché intérieur de proximité, compte tenu de notre démographie - un grand déséquilibre de notre offre d’hébergement avec un déficit structurel en hôtellerie qui ne représente moins de 10% de l’offre globale d’hébergement et dont le tissu et les équipements ne sont pas nécessairement configurés pour accueillir toute l’année, - une insuffisance d’équipements structurants qui pourraient favoriser une fréquentation toute l’année en terme de Golf, de centres de congrès, d’équipements de bien-être et remise en forme, d’activités,…), - un coût d’accès aérien qui constitue une réelle barrière à l’entrée pour les courts séjours et séjours additionnels hors été. Si je tenais à rappeler, Madame la Conseillère, tous ces aspects, c’est qu’ils me paraissent essentiels à prendre en compte pour que l’activité tout au long de l’année devienne une réalité sur l’île et par là même encourage les emplois permanents. La désaisonnalisation en effet ne se décrète pas et quand bien même nous imaginerions le meilleur dispositif pour aider au maintien de l’emploi, sauf à rentrer dans un assistanat permanent qui devrait alors concerner toute activité saisonnière bien au-delà du seul secteur tourisme, ce dispositif ne résisterait pas longtemps à l’absence de clientèle faute de produits adaptés. Vous l’aurez compris Madame la Conseillère, je ne peux que partager la détermination à œuvrer pour la pérennisation des emplois, étant d’ailleurs moi-même à l’initiative de cette réflexion sur l’annualisation du temps de travail . Etant en responsabilité, nous ne pouvons néanmoins raisonnablement pas traiter cette question sans parallèlement agir sur les déterminants des conditions pour accueillir des visiteurs toute l’année… c’est tout l’enjeu des politiques publiques à venir. Pour en revenir sur les questions précises de l’aspect pérennisation des emplois, l’Agence du Tourisme s’est en effet emparée de la question en liaison avec les services de la Formation de la CTC. Les rencontres se poursuivent avec les acteurs socio-professionnels, ceux de la Formation et les organismes concernés par les questions d’emploi et formation. J’ai intégré au sein de l’organisation de l’Agence une mission spéciale consacrée à ce sujet tant il me paraît essentiel. Oui Madame la Conseillère, l’ATC a bien engagé ces travaux et un rapport d’étape sera présenté lors de la prochaine Commission Développement de l’ATC que vous présidez. Pour ce qui concerne les démarches engagées avec les socio-professionnels, plusieurs échanges et rencontres ont eu lieu, et l’Agence du Tourisme et les représentants de la profession, au travers de l’UMIH notamment, se sont entendus sur la conduite partagée d’une mission d’état des lieux. Il semble en effet, selon les premières investigations, que la palette existante aujourd’hui permettant de soulager les charges des entreprises touristique en période de sous-activité au travers de dispositifs formations de leur personnel n’ait trouvé que très peu d’écho. Par ailleurs au-delà des principes, le dimensionnement de la question en terme d’objectif (nombre de contrats concernés, type d’établissement, parcours de formation attendus,…) est essentiel pour avancer les solutions opérationnelles adaptées. Tous les acteurs du sujet s’accordent sur la nécessité d’une analyse exhaustive avec le concours des socio-professionnels afin d’adapter au mieux les solutions et éviter l’écueil de solutions plaquées qui se révèleraient inefficaces faute d’avoir bien pris la mesure en amont des objectifs et enjeux concrets. Enfin, pour ce qui concerne votre proposition, même s’il est de votre seule responsabilité d’animer les travaux de votre Commission, je ne peux que me réjouir de l’initiative que vous serez amenée à prendre. L’ATC continuera à travailler au sein de ses instances et s’associera à vos travaux, se nourrira des auditions et surtout comme vous le proposez, des solutions concrètes qui en émaneront. Quoi qu’il en soit, je soumettrai dans le courant du premier semestre de cette année une proposition relative à la mise en place expérimentale d’un Contrat Territorial d’Objectifs et de Progrès Tourisme, tel qu’il a été proposé, défini et voté par votre Assemblée lors de la présentation de la stratégie de développement touristique pour la Corse. Soyez assurée, Madame la Conseillère de ma détermination et de celle du Président du Conseil Exécutif à prendre en compte, au-delà du seul aspect aménagement et promotion, l’aspect social de cette activité essentielle au développement de notre île pour donner à notre jeunesse confiance et espoir. Vendredi 13 Mars 2009
Antoine Giorgi
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