Une stratégie pour le tourisme corse
Dès mon arrivée à la Présidence de l’ATC, considérant que le tourisme était précisément l’affaire de tous et qu’il méritait une véritable stratégie, j’ai initié une Conférence Régionale du Tourisme très suivie où pendant près de deux ans tous les acteurs concernés, professionnels, associatifs et représentants de la société civile ont pu s’exprimer autour de débats et ateliers.… Ces rencontres ont donné lieu à une synthèse et un rapport spécifique voté en Assemblée de Corse.
C’est sur ce socle fondateur très largement partagé que nous avons bâti nos actions et je crois d’ailleurs que l’ensemble des acteurs du tourisme se reconnaît dans cette stratégie dont l’Agence du Tourisme assure le rôle de coordination.
Eco-tourisme et développement durable
Toute la stratégie du tourisme corse dont les qualités environnementales et naturelles sont la première richesse, est basée sur la différenciation et vise à faire de la Corse une destination eco-touristique majeure en Méditerranée. Comment faire croire dès lors, que nous souhaitons voir se dresser des barres d’immeubles en bord de mer avec des établissements de 800 chambres et voir débarquer toutes les 5 minutes sur nos aéroports des charters pour les remplir… Ce n’est pas le modèle que nous avons retenu pour la Corse pour lui préférer un tourisme de niche multi-spécialiste.
J’ajoute que le modèle d’un tourisme de masse ne serait pas concevable car il serait pour notre île déséquilibrant. Ceci dit, étant en responsabilité, je ne peux accepter que l’île ne se développe pas, qu’elle ne crée ni activité ni emplois. J’estime que le premier devoir d’un homme politique est de donner espoir dans l’avenir pour que la précarité ne se développe pas et que ne se reproduise pas le cycle du départ vers un ailleurs meilleur faute de pouvoir travailler et vivre au pays.
Les conditions pour offrir une activité touristique tout au long de l’année
Nous accueillons aujourd’hui en pointe saisonnière environ 330.000 séjours. L’objectif à terme consiste à ne pas augmenter fortement la pointe mais plutôt à étaler l’activité dans le temps. Et cet étalement dans le temps ne peut se concevoir qu’en proposant des contenus de séjours hors saison.
Alors oui, il faut que la Corse devienne une destination golfique, oui il faut qu’elle ait une offre de qualité dans les équipements de remise en forme et bien-être, oui, il nous faut organiser nos ports de plaisance et mouillages, oui, il nous faut plus d’équipements de congrès et séminaires, oui, il nous
faut développer et structurer les activités de pleine nature, oui, il nous faut plus de chambres d’hôtel en catégorie supérieure ; on ne peut rester sur ce segment s’il ne représente que 10% de notre offre hôtelière, d’autant que l’on fait le pari de la qualité plutôt que la quantité. Tout cela avec un préalable qui consiste à intégrer la dynamique de développement durable car nous devons être cohérents.
Un nouveau règlement des aides au tourisme
Nous nous inscrivons dans la continuité de la stratégie d’étalement de l’activité dans le temps et dans l’espace tout en étant plus sélectifs et exigeants compte tenu des moyens plus faibles que nous aurons, avec un budget de l’ordre de 5 millions d’euros/an.
Coté projets publics, nous privilégions les soutiens aux projets d’aménagement de nature à créer les conditions favorables pour que des activités touristiques se développent ainsi que les projets structurants de loisirs et de la plaisance. Cela nous demandera un effort d’ingénierie pour faire émerger au côté des collectivités locales les projets. Nous consolidons les démarches de pôles nouvelle génération en étant très exigeants sur l’organisation microrégionale et sur la mutualisation des moyens autour de l’ATC comme pivot central.
Coté projets privés, nous soutenons bien sûr les établissements de charme dans l’intérieur et les projets menés par les entreprises qui concourent à étaler l’activité dans le temps. Nous poursuivons également les soutiens aux sites internet des opérateurs touristiques. Enfin, pour accompagner l’accès à la marque Qualité Corse, nous soutenons les investissements des entreprises entrant dans cette démarche.
Permettez-moi d’évoquer dans la réussite la nécessaire appropriation par tous du tourisme et la nécessaire professionnalisation des acteurs. De ce point de vue, la Corse pourrait parfaitement s’inscrire dans la perspective méditerranéenne en créant un centre de formation de référence dans le secteur.
Principaux impacts des politiques touristiques 2000-2006 sur l’offre:
• 60 millions d’aides au tourisme engagées dont 45 pour la seule CTC (qui dépasse l’objectif initial de 169%)
• 200 millions d’euros d’investissements générés,
• + 8500 lits modernisés et/ou créés un impact sur près de 45% de l’offre d’hébergement marchande,
• 30 établissements hôteliers nouveaux créés (1.200 lits),
• 300 meublés de tourisme créés quasi exclusivement dans l’intérieur,
• 80% des anneaux de ports de plaisance modernisés
• Une structuration touristique de l’île en 8 pôles micro-régionaux,
Principaux chiffres du tourisme en 2008:
• 3,067 millions de séjours - 30,8 millions de nuitées
• 33,5% en avion, 66,5% en bateau
• 30% d’étrangers
• Un équivalent/population résidente de 30% lissé sur l’année
• + de 50% des séjours hors Juillet-Août
• 1,3 milliard d'euros de chiffres d’affaires hors transport