Maire de Serra di Ferro
Le blog d'Antoine Giorgi

"La démocratie a toujours progressé en cherchant à maîtriser les évolutions au service de l’homme. Cet enjeu concerne l’Europe entière. Faisons en sorte qu’en Corse, il soit le préalable à la confiance". AG

Interview accordée au Petit Bastiais

Retrouvez l'interview que j'ai accordée à Yannick Campo du Petit Bastiais.



1.Un bilan de la saison 2009 très favorable, quelles en sont les principales raisons et quels enseignements en tirez-vous ?

Effectivement, tous les médias spécialisés en tourisme saluent la Corse comme « la réussite de l’année » et la croissance des entrées sur l’Ile, qui devrait avoisiner les 5%, contraste sensiblement avec celle affichée par le monde du tourisme et du voyage et ce alors même que sévit une crise internationale sans précédent des marchés.

Au-delà de l’exceptionnelle saison d’été, il est intéressant de noter que les entrées en Corse, après un démarrage plus tardif, ont été plus importantes qu’en 2008, année record, aux mois de mai et de juin et plus encore en septembre et en octobre.

C’est une belle capitalisation des actions menées depuis quelques années par l’Agence du Tourisme de la Corse. C’est certainement la mobilisation et les efforts de tous – institutionnels, socio- professionnels, transporteurs – unis derrière l’ATC, fédérés autour d’une politique du tourisme partagée, qui explique, en grande partie, notre réussite dans une compétition pourtant très relevée.
Alors, bien sûr, 2009, nouvelle année référence, comportera, çà et là, des écarts entre acteurs professionnels, certains afficheront des résultats en deçà tandis que d’autres auront bien mieux fonctionnés. Mais c’est la loi du commerce et elle doit inciter à s’adapter et à se remettre, en permanence, en question en fonction du marché car il faut considérer que rien n’est jamais acquis.

2.Au niveau de l'aérien, l'apport des Low Cost, un atout indéniable ?

L’ouverture du ciel aérien d’une destination touristique est essentielle, à fortiori dans une île. L’année 2009 a été marquée par un renforcement très sensible d’opérateurs aériens qui viennent compléter l’offre traditionnelle. Cela représente 8 nouvelles lignes et plus de 115 000 passagers supplémentaires dont beaucoup ne seraient jamais venus sans cette offre nouvelle.

Près de 45% d’entre eux sont des Etrangers qui diversifient la clientèle. On relève clairement que les low cost, transportant quasi-exclusivement des touristes, ne pénalisent pas le trafic des compagnies régulières.

Contrairement à une idée reçue, le low cost ne vient pas simplement écrémer la pointe estivale. En effet, le trafic aérien de ce mois d’octobre 2009 a marqué une évolution de 12%, croissance uniquement due aux 4 compagnies Germanwings, XL Airways, Ryan-Air et Easy Jet qui apportent des clientèles nouvelles qui ne seraient pas venues sans ces vols.

3.Quelles sont vos préconisations pour renforcer la présence de la Corse dans le giron des grandes destinations méditerranéennes ?

La Méditerranée représente le premier bassin touristique mondial. C’est donc bien entendu un espace concurrentiel mais également un espace de coopération.

Cette coopération méditerranéenne, facteur de rapprochement et de développement socio-économique entre les peuples, a donné lieu à la Conférence des Ministres du Tourisme de Méditerranée lors du sommet 5+5 qui s’est déroulé à Ajaccio en mai 2008, preuve s’il en est de la reconnaissance de notre Région comme une destination qui compte dans l’espace méditerranéen. L’élaboration d’itinéraires touristiques autour de thèmes fédérateurs culturels symboles d’une histoire commune, la mise en réseau de produits et services nautiques, la formation, …et ce toujours dans le cadre d’un développement durable concerté sont autant de sujets inscrits dans la déclaration issue de cette Conférence.

4.Quels efforts restent-ils à faire en direction de "l'entreprise tourisme Corse" qui vous tient particulièrement à cœur ?
Le tourisme est un secteur économique à part entière dont la matière première est le territoire et donc, par nature, non délocalisable. Lorsque l’on ajoute que le tourisme est un des secteurs durablement pourvoyeurs d’emplois, qu’il permet de consommer sur place les productions locales dont il constitue un débouché considérable, on comprend le rôle déterminant de l’attractivité touristique de notre destination.

Mais, précisément, pour qu’elle soit et surtout reste attractive, notre offre doit être, compétitive et, surtout, répondre aux attentes et évolutions de la demande.

Beaucoup reste à faire notamment pour attirer de novembre à mars des clientèles européennes et cela impose un minimum d’équipements structurants qu’aujourd’hui nous n’avons pas ou très peu. Equipements de congrès dans les villes principales, équipements de bien-être, de remise en forme, de thalassothérapie, de thermalisme, tourisme médical, tourisme sportif, parcours golfiques,… autant de segments prévus d’ailleurs dans les documents stratégiques du Tourisme Corse qui sont à faire venir toute l’année des consommateurs. C’est vers là que doivent s’orienter les efforts dans un partenariat public-privé.

5.Faire de la Corse une destination golfique, a été une des volontés affichées de l'Exécutif régional, quel est l'état d'avancement du dossier ?

Le Golf est le sport le plus pratiqué dans le monde et c’est surtout un sport pour lequel les clientèles se déplacent dans des destinations touristiques. La Corse aurait à l’évidence tout à gagner à être une destination Golfique. Or, avec un seul parcours de niveau international, la Corse ne peut y prétendre. Le Pays Basque, région à forte identité, compte 9 parcours 18 trous internationaux et le Limousin, région très rurale, en compte 7 dont certains à l’initiative d’agriculteurs.

Or, si depuis 2000 toutes les politiques touristiques de l’île encouragent de manière significative les parcours golfiques, force est de constater que les projets restent la plupart du temps à l’état de projets… et qu’en 2010 nous en sommes quasiment au même point qu’il y a 10 ans. La Corse reste toujours très fortement marquée par son rapport au foncier avec des aspects symboliques, principes ou postures, sans nécessairement connaître toujours toutes les données du sujet. Cela décourage tout projet.

Ceci étant dit, les choses semblent évoluer et quelques projets sont en train d’émerger et entrent dans les PLU en cours mais avec toujours beaucoup de difficultés.

Samedi 28 Novembre 2009
Antoine Giorgi

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