Maire de Serra di Ferro
Le blog d'Antoine Giorgi

"La démocratie a toujours progressé en cherchant à maîtriser les évolutions au service de l’homme. Cet enjeu concerne l’Europe entière. Faisons en sorte qu’en Corse, il soit le préalable à la confiance". AG

Elections Regionales



La démocratie a parlé. La famille politique à laquelle j'appartiens a perdu les élections. Le nombre des électeurs qui nous ont soutenus est en diminution par rapport à 2004. La gauche a elle aussi perdu en audience, mais est-ce une consolation?
Seuls les nationalistes et notamment les "modérés" ont progressé.
C'est à partir de cette analyse quantitative qu'il convient de faire l'analyse politique.

Bien sûr, le contexte national était défavorable, bien sûr, il y eut des erreurs en matière de communication lors de la constitution de la liste, bien sûr, les débats sur la place de chacun nous ont affaiblis; mais cela n'explique pas tout !

Ce qui a été le plus déterminant pour les électeurs c'est le manque de lisibilité tant sur notre bilan que sur les orientations pour le futur. Nous n'avons pas su créer la confiance, donner de l'espoir, notamment chez les jeunes, essentiellement parce que notre discours portait plus sur la forme que sur le fond. Les idées, les perspectives d'innovation étaient absentes de notre projet.

Au sortir de l’élection sénatoriale, j'avais tenté de tirer les leçons de ce scrutin en précisant notamment que le débat démocratique, l’écoute du terrain étaient insuffisants voire inexistants dans notre famille politique. Je précisais par ailleurs que forts du travail accompli par notre majorité, il nous appartenait d'aller au delà en portant le débat sur les valeurs, l’identité, le numérique et la connaissance.
Je n'ai pas su convaincre Camille de Rocca Serra et Ange Santini pour leur faire partager mes convictions.

Mais au delà de cette absence de débat d'idées, malgré les déclarations d'intention, nous n'avons pas su créer la dynamique de l'union nécessaire à la victoire. Ce déficit a été à l'origine de ma défaite aux sénatoriales et nous n'avons pas tiré les leçons de cette consultation ni de celles qui l'ont précédées.
La dynamique d'union doit se faire autour d'un projet, des idées, des convictions et de la détermination.

L'union ne se fait pas uniquement autour de quelques personnes en en excluant d'autres. L'union dans une campagne régionale ne se fait pas en s'appuyant sur le seul soutien des maires et des conseillers généraux, elle se fait sur les idées qui rassemblent le plus grand nombre de nos concitoyens. L'élection régionale n'est pas une cantonale ou une municipale, elle est avant tout une élection qui projette dans l'avenir.

A nous maintenant de réagir ! Je ne peux me résoudre à constater et à attendre les prochaines échéances en espérant des jours meilleurs et en souhaitant une « embellie » du président de la république et de son gouvernement.

La solution doit venir de nous mêmes. Il nous faut nous organiser pour redonner confiance et espoir. Je ne suis pas persuadé, compte tenu de l'analyse passée que les structures politiques locales soient en mesure, sauf à créer un électrochoc, de relever le défi.

Je ne crois pas, au regard des réactions au lendemain du second tour, que l'esprit et les orientations qui se sont dégagées soient propices à la reconquête de notre électorat. Une fois de plus, nous n'avons pas eu pour lui et les élus éliminés la considération nécessaire et indispensable à la remise en cause.

Il faut avoir le courage de faire le bilan, d'évaluer pour mieux proposer.

Face à cette situation, avec d'autres, je prendrai des initiatives car on ne peut laisser en jachère un potentiel électoral aussi important et qui n'attend qu'un sursaut de notre part.

Ce blog est à votre disposition pour créer une dynamique de discussion avant d'aller plus avant dans l'organisation pratique.

NB: Un incident technique a occulté une partie de l'article diffusé le 14 avril, veuillez m'en excuser.

Jeudi 22 Avril 2010
Antoine Giorgi


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